samedi, mai 17, 2008

Werther's original


« Ils sont chargés… Minuit sonne, ainsi soit-il donc ! Charlotte ! Charlotte, adieu ! adieu ! »

Ainsi j’ai lu Les souffrances du jeune Werther de Goethe. Alors comme vous avez remarqué je suis dans ma période « romantique, Chateaubriand, ah je succombe devant tant de transports d’âme », donc je comprendrai très bien que vous ne lisiez point cet article. Oui car les femmes en robes antiques et les beaux blonds avec leur émois face à la grandeur d’une falaise je peux comprendre que ça ne touche pas son public.
Ainsi donc je l’ai lu, je dois avouer que ça s’appelle une « branlée littéraire ». J’ai été fasciné par ce bouquin, son histoire, son contenu, son auteur, tout. Même la préface (de Pierre Bertaux) est géniale. Mais comme me l’a dit ma compagne : « ça se plaint, ça gémit tout le temps sur soi-même, c’est normal que vous aimiez ».
Et oui j’aime, les souffrances de cet homme analysées dans leur plus petites failles, chaque émois observés, des actes pesés et insoutenables. Et pourtant, derrière une exaltation de sentiments sans bornes on reste sans cesse frappé par les mots de Goethe à propos de son œuvre…on en apprend alors une distance que l’on observe soigneusement et le livre prend alors sa dimension. Je ne dis pas qu’il faille rester insensible, bien au contraire…versez donc une larme, mais gardez en tête que là n’est point l’unique et seul visée. Nous sommes face à un monument de la littérature occidentale, tout y est déjà, 1774 et déjà la nature se fait consolatrice comme chez Wagner, l’Homme se fait perdu et nulle part à sa place semblable à Chateaubriand, la musique devient un refuge à l’image d’un certain Chopin…ce livre pose les jalons de cent ans d’art environ, tout y est déjà. On retrouve l’épique et le nationalisme d’un Liszt, la poésie d’un Hugo et bien sûr les paysages d’un Friedrich. Je reste admiratif. Lire ce genre de livre c’est se prêter à un jeu, celui d’admettre qu’une femme pleure au moindre sentiment, qu’un homme s’emporte dans des récitations de vers à la moindre face de lune, il faut accepter ce côté emphatique et même l’apprécier. C’est comme un langage dont Goethe avait bien conscience.



Pour fêter ceci je suis allé voir une exposition que je m’en vais aussi vous conseiller :
« L’âge d’or du romantisme allemand, Aquarelles et dessins à l’époque de Goethe »

Une chose est tout bonnement géniale à Paris, vous pouvez être pris d’une passion pour l’évolution du fixe-chaussette dans les civilisations slaves et bien vous trouverez une exposition voir même un musée sur le thème. Tout simplement génial. Ainsi donc me voilà en direction du musée de la vie romantique de Paris, en plein quartier de « la nouvelle Athènes » comme on l’appelait à l’époque (faut imaginer la femme en toge pleurant sur un bout de pied en marbre et vous avez le contexte du quartier à l’époque, ah le romantisme !), quartier à présent « chaud » comme on dit de nos jours, oh Pigalle, les petites femmes de Paris. Ainsi je me dirige gaillardement vers cet hôtel particulier où passait de temps à autres Lamartine, Sand et autre Chopin pour prendre un café avec le propriétaire des lieux. Lieux charmants d’ailleurs.
J’ai admiré ainsi l’évolution d’un dessin de Goethe au Nazaréens avec pour toile de fond l’Allemagne romantique. Très belle exposition, des pièces de toutes beautés, du Goethe, du Friedrich, le tout provenant de meilleures collections. Petit plus ; la muséographie est très bien faite. Et donc vous admirez la nature se faisant de plus en plus présente, les mythes germaniques poindre, les belles muses et puis les thèmes un peu morbides de Friedrich. On y voit aussi l’histoire du moment et notamment les invasions napoléoniennes. Une aquarelle géniale caricature une bataille où les français se seraient repliés dans un cimetière étant ainsi sûr d’être protégés par le sacré du lieu ; on y voit des lièvres terrifiés au milieu de pierres tombales. Bon là ce n’est pas drôle mais une fois devant ça l’est.
Ça reste assez complexe de commenter une exposition d’œuvres picturales les enfants.
J’ai acheté le catalogue de l’expo, il ne va pas tarder à passer en lecture du moment et donc en conseil de Zoé (sur lequel vous pouvez cliquer car le lien marche, que du rêve).

Bien à vous

Satyriquement

2 commentaires:

Clémence a dit…

Vous m'avez donné envie de le relire, je ne vous emprunterais pas votre exemplaire cela va de soi, je n'ai pas envie de mourir dans d'atroces douleurs parce qu'il aura été corné.

J'ai le droit de rire bêtement pour "ma compagne"?

C. a dit…

Ou alors vous pourriez m'offrir un exemplaire, parce que j'ai cherché chez moi et je n'en trouve pas.